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Dolmen du Serre des Fourches (Tallard)

Identification

dénomination(s)
dolmen
titre(s)
Dolmen du Serre des Fourches (Tallard)
n° inventaire
2013.0.426
discipline(s)
Archéologie
autre(s) titre(s)
Pierre dressée du Serre des Fourches

Contexte

Création
époque(s)
néolithique final
inventeur(s)
CHAPER Eugène
méthode(s) de collecte
découverte fortuite
lieu(x) historique(s)
Serre-des-Fourches
site(s)
Tallard
découverte fortuite
Ce monument a été signalé et décrit à plusieurs reprises (Chaper 1865, Tournier 1877, Roman 1879, Martin 1889, Mortillet 1894, Sauzade 1991). Le propriétaire des lieux a vendu les dalles en marbre rouge du dolmen à un habitant du village. Une dalle de près de 2 mètres de haut a été vue par E. Chaper sur un terrain vague à l’entrée de Tallard (Chaper 1865). Benjamin Tournier déclare « en avoir établi le plan et en avoir tracé un dessin fidèle ». D. Martin (Martin 1889) décrit une cavité pleine d’ossements, avec divers objets en os et en pierre de l’époque préhistorique. G. de Mortillet (Mortillet 1894) confirme que « la table et le support du fond servirent à faire des balcons » et ajoute que « les autres supports ont été successivement utilisés par les maçons du pays ». L’on peut voir encore aujourd’hui, au premier étage, au-dessus d’un commerce du centre-ville, un balcon sculpté à partir de dalles en marbre rouge du dolmen. En 1894 selon G. de Mortillet il ne reste plus du dolmen que la grande dalle de 2 m de haut de marbre rouge, déplacée à l’entrée du village.

Description

dimension
epaisseur
30 cm
hauteur
203 cm
largeur
115 cm
matières (techniques)
brèche (taillé , sculpté , incision )

Documentation

documentation(s) textuelle(s)
Selon E. Chaper, ce dolmen formait un rectangle de 2,50 m de long sur 1,30 m de large et de 1,20 m de haut au moins. Il se composait de 6 à 7 dalles verticales, épaisses (0,30 m) de 1 à 2 m de haut et de deux dalles de couverture affaissées à l’intérieur de la chambre. Les longs côtés du rectangle (composés de deux dalles chacun) étaient dirigés vers Tallard à peu près dans la direction de la route. Le côté le plus rapproché du bourg (chevet) était le plus dégagé des cailloux du tumulus ; à l’autre extrémité (entrée), se situait la dalle qui avait été emportée. La dalle de chevet était comprise entre les premières dalles formant les longs côtés. E. Tournier (1877) précise que le « couvercle et l’un des bouts avaient été convertis en balcon et que les autres pierres avaient reçu un sort semblable » et ajoute à propos du dolmen « qu’il était en sous-sol, dans un pudding ». La seule dalle conservées de ce mégalithe, au sommet arrondi, a ses deux faces recouvertes de cupules, 150 au total, et d’autres gravures (stries obliques ou curvilignes et sillons circulaires situés à mi-hauteur). Par sa forme générale et certaines de ses sculptures elle évoque une statue menhir, vraisemblablement de sexe féminin, semblable à celles présentes en Languedoc, mais qui, à l’heure actuelle, constitue pour la Provence un cas unique. Deux cupules de plus grand diamètre que les autres situées à son sommet pourraient figurer les yeux et les deux aspérités circulaires situées à mi-hauteur, soulignées par un cercle gravé, sont susceptibles de représenter les seins. Les deux nodosités figurant les seins pourraient être d’origine naturelle car une troisième semblable aux deux autres est visible à la même hauteur à gauche de la photo mais à l’inverse des deux autres cette dernière n’est pas cerclée par un sillon circulaire. Selon certains auteurs, cette statue menhir aurait pu être réutilisée pour faire office de montant du dolmen. Il est possible toutefois qu’elle ait été contemporaine de la construction du monument et réalisée au début du Néolithique final comme certains exemplaires présents en Languedoc (Jallot et al. 2009). Gerard SAUZADE (2022)